Stress et réflexes archaïques : quand le corps reste en état d'alerte. « Je sais que tout va bien, mais mon corps ne semble pas l'avoir compris. »
- 16 juin
- 3 min de lecture

Cette phrase, je l'entends souvent au cabinet. Des enfants comme des adultes décrivent une sensation d'être constamment sur le qui-vive, de sursauter facilement, de se sentir tendus sans raison apparente ou d'avoir du mal à retrouver leur calme après une émotion.
Et si une partie de cette difficulté était liée à des réflexes archaïques encore très actifs ?
Les réflexes archaïques, qu'est-ce que c'est ?
Les réflexes archaïques sont des mouvements automatiques présents dès la vie intra-utérine et durant les premiers mois de vie. Ils jouent un rôle essentiel dans le développement du bébé : survie, naissance, motricité, posture et construction du système nerveux.
Au fil du développement, ces réflexes sont normalement intégrés. Ils laissent alors la place à des mouvements plus volontaires et à une meilleure régulation du corps.
Cependant, il arrive que certains réflexes restent partiellement actifs. Dans ce cas, ils peuvent continuer à influencer notre manière de réagir à notre environnement.
Le réflexe de Moro : l'alarme du corps
Parmi les réflexes les plus souvent associés au stress, on retrouve le réflexe de Moro.
Chez le nourrisson, il se manifeste par une ouverture brusque des bras suivie d'un mouvement de rapprochement lorsqu'il perçoit une sensation de danger ou de perte de sécurité.
C'est une réaction de survie parfaitement adaptée pour un bébé.
Mais lorsqu'il reste très actif plus tard dans la vie, le système nerveux peut avoir tendance à détecter les menaces plus rapidement que nécessaire.
La personne peut alors présenter :
une hypersensibilité au bruit, à la lumière ou aux changements ;
une forte réactivité émotionnelle ;
des difficultés à gérer les imprévus ;
une sensation d'être toujours en vigilance ;
une fatigue liée à cette mobilisation permanente du système nerveux.
Quand le stress entretient les réflexes... et inversement
Le lien entre stress et réflexes archaïques est souvent circulaire.
Un stress important ou prolongé peut renforcer certaines réactions automatiques du corps. À l'inverse, des réflexes encore très actifs peuvent favoriser un état d'alerte chronique.
Il ne s'agit pas de dire que les réflexes sont la cause de tous les problèmes de stress. Le fonctionnement humain est beaucoup plus complexe et multifactoriel.
En revanche, ils peuvent constituer une pièce du puzzle intéressante à explorer lorsque certaines réactions semblent disproportionnées ou difficiles à contrôler malgré les efforts mis en place.
Une approche corporelle complémentaire
Le travail d'intégration ou de développement des réflexes archaïques ne remplace ni un suivi médical, ni un accompagnement psychologique lorsqu'ils sont nécessaires.
Il s'inscrit dans une approche complémentaire qui s'intéresse à la manière dont le corps et le système nerveux réagissent au quotidien.
L'objectif n'est pas de supprimer les émotions ou le stress — qui sont des mécanismes naturels et utiles — mais de permettre au corps de retrouver davantage de sécurité intérieure afin de répondre aux situations de façon plus adaptée.
Lorsque le système nerveux se sent plus en sécurité, il devient souvent plus facile d'apprendre, de se concentrer, de gérer ses émotions et de mobiliser pleinement ses ressources.
En conclusion
Nous cherchons souvent les réponses uniquement dans nos pensées. Pourtant, une partie de notre histoire est également inscrite dans notre corps.
Explorer les réflexes archaïques permet parfois de mieux comprendre certaines réactions automatiques et d'accompagner le système nerveux vers davantage de stabilité, de disponibilité et de sérénité.
Parce qu'avant de pouvoir se concentrer, apprendre ou s'épanouir pleinement, le cerveau a besoin d'une chose essentielle : se sentir en sécurité.


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